Communiqués de presse

Lettre ouverte de M. Sébastien Proulx à l’occasion des funérailles de M. Paul Gérin-Lajoie

Le décès de M. Paul Gérin-Lajoie a attristé beaucoup de Québécois. J’en fais partie évidemment. À titre de ministre de l’Éducation, du Loisir et du Sport, je suis à même de constater l’ampleur des réalisations de ce grand homme, et je me considère choyé et privilégié d’occuper les mêmes fonctions.

Les messages de sympathie et de tristesse ont afflué, et ce, avec raison. J’aimerais pour ma part profiter de l’occasion qui m’est ici offerte pour revenir sur le parcours fabuleux du premier ministre de l’Éducation de l’histoire du Québec. Les hommes qui ont transformé le Québec en profondeur et de manière positive sont rares. Paul Gérin-Lajoie fait partie de ces êtres d’exception.

Sa vision d’une éducation démocratisée, inclusive et gratuite aura chamboulé le paysage québécois, et ce, pas seulement dans le domaine de l’éducation. En misant sur l’éducation pour toute la population, il a permis au Québec de devenir une société avant-gardiste, prospère et dynamique, constamment tournée vers l’innovation et le progrès social. Cet homme a eu une telle influence sur notre collectivité qu’on se souviendra de lui comme l’un de nos plus grands bâtisseurs québécois.

L’aventure publique de M. Gérin-Lajoie prend son envol en 1960, alors qu’il est élu pour la première fois à l’Assemblée nationale du Québec comme député de Vaudreuil-Soulanges. Rapidement, il deviendra l’homme de confiance du premier ministre Jean Lesage. D’abord ministre de la Jeunesse, il crée la commission Parent, chargée de revoir de fond en comble le système d’éducation du Québec. Les répercussions de cette commission seront nombreuses…

En 1964, le ministère de l’Éducation est créé. Paul Gérin-Lajoie en devient le ministre et met en branle une série de changements structurants. Il abolit d’abord les collèges classiques, accessibles seulement à une élite, et prône la mise sur pied d’un système d’éducation public et gratuit. Naîtront alors les maternelles, les polyvalentes et les cégeps. Il rend également l’éducation obligatoire jusqu’à 16 ans et instaure le système de prêts et bourses. Toutes ces révolutions auront pour effet de transformer le Québec de manière durable. Notre système d’éducation contemporain se construit encore aujourd’hui sur les fondations solides de son héritage.

En 1965, Paul Gérin-Lajoie signe un premier accord de coopération en éducation avec la France. Cette entente historique sera le prélude à la « doctrine Paul Gérin-Lajoie », un puissant outil d’affirmation nationale, qui préconise l’idée que le Québec peut signer des ententes internationales dans les matières touchant ses champs de compétence.

Les implications sociales du père de l’éducation moderne au Québec ne s’arrêtent pas à la fin de sa vie publique. De 1970 à 1977, il préside les activités de l’Agence canadienne de développement international (ACDI), qui multiplie dès lors les activités à l’étranger, renforçant du coup l’image d’un homme bien de son temps, au diapason de cette nouvelle ère d’échanges et de partenariats à l’échelle globale.

En 1977, il cumule ses deux centres d’intérêt (éducation et volet international) et lance la Fondation Paul Gérin-Lajoie. Encore aujourd’hui, la fondation a pour mission de contribuer à l’éducation des enfants dans les pays défavorisés. Son dernier legs d’importance verra le jour en 1991 avec la création de la Dictée PGL, qui poursuit les mêmes objectifs que sa fondation. Qui n’a jamais entendu parler de la fameuse dictée PGL? Vous êtes sans doute nombreux, depuis bientôt 30 ans, à vous être prêtés au jeu.

Me souvenir de l’immense contribution de Paul Gérin-Lajoie m’éloigne un peu du sentiment de tristesse qui a accompagné l’annonce de son décès. M. Gérin-Lajoie a eu une longue et heureuse vie, remplie de défis, d’innovations et de succès. Son influence sur la société québécoise est toujours bien présente et le sera encore pour des générations à venir. 

Au nom du gouvernement du Québec et au nom de tous les Québécois, j’offre mes plus sincères sympathies à la famille et aux amis de M. Paul Gérin-Lajoie. Regardez son héritage et réjouissez-vous. Un grand homme est parti, mais son œuvre demeure. Le Québec lui en sera toujours reconnaissant.