L'écriture

L’utilisation du blogue en milieux scolaires primaire et secondaire

Même si l’utilisation des blogues est répandue auprès du public, cette pratique d’écriture demeure en émergence dans les écoles primaires et secondaires, malgré l’engouement qu’elle peut susciter chez les jeunes. Cette capsule présente un portrait de son utilisation en classe.

Durée : 4 min. 31 sec.

Cette capsule a été réalisée à partir de la recherche suivante : ALLAIRE, Stéphane et Pascale THÉRIAULT, L’utilisation du blogue en milieux primaire et secondaire : des initiatives prometteuses à étayer sur le plan de la recherche. Recension des écrits (2004-2010), Université du Québec à Chicoutimi, 2010.

Texte de la vidéo

Depuis une dizaine d’années, la croissance exponentielle des médias sociaux, dont le blogue fait partie, a transformé Internet en un lieu où tous sont en mesure de communiquer et de s’exprimer. Cette croissance est telle qu’en 2011, plus de 175 millions de blogues ont été recensés sur le Web. Ces technologies émergentes ont gagné la faveur du public, en particulier des jeunes qui en font usage quotidiennement.

Mais qu’est-ce que le blogue? C’est :

  • un outil de publication sur le Web axé principalement sur l’écriture et qui est généralement public. Il peut être individuel ou collectif, c’est-à-dire qu’il peut être la propriété d’un seul ou de plusieurs auteurs. Dans ce dernier cas, ils y publient des entrées simultanément, partageant ainsi l’espace de publication;
  • le blogue est aussi interactif, car il est possible pour les internautes de laisser des commentaires;
  • dans la plupart des cas, il est fréquemment mis à jour et les entrées sont datées des plus récentes aux plus anciennes.

Toutefois, même si l’utilisation des blogues est répandue auprès du public, cette pratique d’écriture demeure en émergence dans les classes du primaire et du secondaire, malgré l’engouement qu’elle peut susciter chez les jeunes.

À ce jour, peu de recherches empiriques ont documenté l’utilisation de cet outil dans les classes.

Par contre, les résultats de neuf études mettent en lumière quelques constats que nous pouvons regrouper en quatre volets :

  1. les conditions affectives,
  2. les différents contextes d’utilisation,
  3. le déroulement de l’apprentissage,
  4. et les performances.

Pour ce qui est des conditions affectives…

L’utilisation du blogue est appréciée et jugée motivante par plusieurs élèves. Ce constat n’est cependant pas nouveau et il rejoint les résultats de nombreux travaux qui ont montré que d’autres TIC sont un objet de motivation pour les élèves, qui apprécient généralement leur utilisation en contexte scolaire.

Pour ce qui est des différents contextes d’utilisation du blogue…

Il s’avère que le blogue est un outil flexible et rapide pour diffuser du contenu sur Internet. Il procure ainsi à la classe un contexte d’écriture authentique en offrant une véritable ouverture sur le monde, ce qui donne davantage de sens à la tâche d’écriture.

Concernant le déroulement de l’apprentissage…

Selon les études, la majorité des élèves s’appliqueraient davantage à l’écrit sur un blogue. De plus, les élèves et les enseignants ont mentionné que le blogue est pertinent sur le plan pédagogique et permet des utilisations diversifiées.

En ce qui concerne les performances

La recherche montre que les élèves se prêtent volontiers à la rédaction de textes par ce média et que son utilisation les amène à écrire davantage. Toutefois, à ce jour, les études n’ont pas encore démontré l’impact des blogues sur la qualité des textes produits par les élèves et le respect des normes de la langue écrite semble demeurer un enjeu pédagogique important. (p.40) (74)

Il a aussi été prouvé que les élèves aiment écrire à l’aide de ce média, surtout lorsqu’ils peuvent le faire librement, sans qu’on les y contraigne.

Ainsi, l’école ne peut ignorer l’existence des TIC. Elle peut même en favoriser le développement en permettant un usage pédagogique adéquat car ces outils ouvrent de nouvelles perspectives d’apprentissage, offrent une multitude de sources d’information et de possibilités de collaboration. Il ne faut pas oublier non plus qu’un nombre grandissant d’emplois exigent l’utilisation des TIC.

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L’enseignement de l’écriture au primaire

Écrire est une compétence très complexe qui se construit et se développe tout au long d’une vie. Cette capsule présente les facteurs d’efficacité dans l’apprentissage de l’écriture.

Durée : 4 min. 52 sec.

Cette capsule a été réalisée à partir de la recherche suivante : MORIN, Marie-France, Synthèse de connaissances sur l’enseignement de l’écriture à l’école primaire, Université de Sherbrooke, 2009.

Texte de la vidéo

Écrire est une compétence très complexe qui se construit et se développe tout au long d’une vie.

On peut distinguer dans l’acte d’écrire trois composantes :

  • la graphomotricité est la capacité de tracer des signes ou des lettres pour former des mots;
  • l’orthographe est la connaissance des règles et usages qui régissent la manière d’écrire les mots;
  • la rédaction est la capacité d’exprimer une parole ou une pensée par écrit.

Nous savons qu’écrire est une tâche particulièrement exigeante pour le jeune scripteur et ne peut se faire sans l’automatisation de certaines de ces composantes. Si l’automatisation ne se fait pas ou si les ressources attentionnelles de l’élève sont limitées, il se produit une surcharge cognitive, c’est-à-dire que l’élève n’a plus d’énergie mentale pour effectuer une tâche déterminée. Par contre, si certaines opérations deviennent automatisées, les ressources attentionnelles devenues disponibles pour l’élève lui permettent d’effectuer diverses tâches en parallèle.

Concernant la graphomotricité, les études montrent l’efficacité :

  • de l’enseignement explicite de la calligraphie en classe;
  • de la pratique de la calligraphie sur de courtes et fréquentes périodes.

Enfin, la recherche montre qu’il est important d’insister sur la fluidité du geste en visant la vitesse et la lisibilité plutôt que d’insister sur la beauté du tracé.

Concernant l’orthographe, il faut aussi savoir que l’orthographe française est dite « opaque », comparativement à des langues comme le finnois, l’italien ou l’espagnol, qui sont considérées comme ayant une orthographe « transparente » puisqu’elles s’écrivent, à quelques exceptions près, comme elles se prononcent.

Ainsi, pour l’acquisition de l’orthographe, les études montrent l’efficacité :

  • des pratiques pédagogiques quotidiennes centrées sur l’analyse de mots ou de phrases écrites au tableau et sur l’analyse d’erreurs;
  • d’une approche intégrée de l’orthographe au tout début du primaire;
  • de l’enseignement explicite qui doit être prolongé, en particulier pour les élèves plus faibles.

À propos de la rédaction, les études montrent l’efficacité sur la qualité des textes écrits :

  • d’un contexte pédagogique qui suscite des interactions entre les élèves de même ou de différents niveaux (comme le travail d’écriture en dyades, le tutorat ou les ateliers d’écriture);
  • d’une approche pédagogique qui vise l’enseignement explicite des stratégies en écriture, en mettant de l’avant l’importance du modelage par l’enseignant et des échanges à propos de l’emploi de ces stratégies;
  • de l’entraînement à l’autorégulation;
  • et de l’augmentation de la fréquence des activités d’écriture en classe.

La rédaction s’orchestre aussi autour de trois phases : la planification, la mise en texte et la révision. Or, il semblerait que le jeune scripteur ne soit pas porté à planifier, ayant plutôt tendance à écrire en jetant directement sur papier ce qui lui vient à l’esprit à l’instant même, sans tenir compte de ce qui est déjà écrit et de ce qui suivra. La mise en texte ressemble donc à un processus d’addition de phrases successives, l’élève retournant rarement en arrière pour obtenir une vue d’ensemble de son écrit. Aussi, la révision est presque inexistante en début d’apprentissage, toute l’attention de l’élève étant centrée sur la graphomotricité et l’orthographe. Ce n’est que très graduellement que la révision s’applique au contenu et tient compte du texte dans son ensemble.

Il apparaît donc important de tenir compte des trois composantes dans l’enseignement de l’écriture au primaire, afin de développer l’automaticité des composantes liées à l’orthographe et à la graphomotricité le plus rapidement possible. Ainsi, l’élève pourra davantage se consacrer à la composante rédactionnelle par la suite.

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L’enseignement de l’écriture en langue seconde

Les enseignants du système scolaire québécois qui sont de plus en plus amenés à adapter leur enseignement aux élèves issus de l’immigration. Cette capsule présente des pistes pour intervenir auprès de ce type d’élèves aux besoins différents dans l'apprentissage de l'écriture.

Durée : 4 min. 42 sec.

Cette capsule a été réalisée à partir de la recherche suivante : ARMAND, Françoise, L’enseignement de l’écriture en langue seconde. Synthèse de connaissances, Université de Montréal, 2011.

Texte de la vidéo

En 2010-2011, près de 22 % de l'effectif scolaire au secteur jeune était issu de l'immigration. On observe de plus en plus ce phénomène en région, bien que ce soit plus précisément sur l'île de Montréal que se trouvent la plupart des élèves immigrants. Ce sont donc tous les enseignants du système scolaire québécois qui sont amenés à adapter leur enseignement à ces élèves nouvellement arrivés.

Par ailleurs, de nombreux enseignants indiquent qu’ils ne sont pas bien outillés pour intervenir auprès de ce type d’élèves aux besoins différents dans l'apprentissage de l'écriture. Il importe donc qu’ils soient familiarisés avec les grands principes de l’enseignement et de l’apprentissage des langues secondes.

Une seule classe peut parfois compter plusieurs élèves allophones. Un élève allophone est un élève dont la langue maternelle n’est ni le français, ni l’anglais, ni une langue amérindienne. Ces élèves ne constituent pas un groupe homogène, loin de là. Ils possèdent tout de même deux caractéristiques communes : le fait d’être ou d’avoir été en contact avec deux ou plusieurs langues et cultures, ainsi que le fait d’être bilingue, voire trilingue ou plurilingue.

Toutefois, plusieurs différences sont à souligner. En effet, plusieurs facteurs exercent un rôle sur la réussite de l’apprentissage du français, parmi lesquels figurent l’histoire prémigratoire de l’élève et de sa famille, les acquis scolaires antérieurs de l’élève incluant son rapport à l’écrit, les conditions socioéconomiques et sociolinguistiques de la famille, ainsi que la qualité et la quantité du contact avec le français.

Ainsi, il serait pertinent que les interventions visant la réussite de l’apprentissage de l’écriture en langue seconde, tout en mettant pleinement l’accent sur la langue d’enseignement, tiennent aussi compte de la langue maternelle et de la culture d’origine des élèves. De la sorte, l’approche valorise la diversité culturelle et linguistique.

Afin de favoriser cette ouverture à la diversité linguistique, les approches dites d’Éveil aux langues, par exemple une activité pédagogique de réécriture multilingue de contes ou de textes signifiants, constituent une piste intéressante.

Il a aussi été démontré que les relations sociales au sein de la classe sont très importantes. Par conséquent, mettre en place des pratiques fréquentes d’écriture en dyades permet de soutenir le développement de la littératie. Dans le même sens, encourager la rétroaction entre pairs et y participer comme enseignant créent un climat favorable à l’apprentissage.

De plus, la recherche met en évidence l’efficacité de l’enseignement explicite des stratégies de planification, de mise en texte et de révision en écriture. L’efficacité de cet enseignement a d’ailleurs été démontrée avec les élèves dont la langue première est le français.

Aussi, l’apprentissage du vocabulaire en préécriture peut améliorer la qualité de l’écriture en langue seconde, car le manque de vocabulaire constitue un obstacle important aux progrès des apprenants en production écrite. D’où l’importance de développer les connaissances lexicales chez les élèves dont la langue maternelle n’est pas le français.

Enfin, sur le terrain, il est important d’avoir accès à des politiques adaptées à cette réalité pluriethnique et plurilingue. Ainsi, comme gestionnaire, il importe d’encourager les enseignants qui, parfois, peuvent ne pas se sentir prêts à introduire dans leur enseignement les langues d’origine de certains élèves de la classe, de même qu’à faire le lien entre les familles et l’école.

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