La lecture

La littératie familiale

Cette capsule montre l’importance de reconnaître la part de responsabilité qui revient à l’enfant, au parent et à l’école dans l’apprentissage de la lecture.

Durée : 6 min. 33 sec.

Cette capsule a été réalisée à partir de la recherche suivante : BEAUREGARD, France et Isabelle CARIGNAN, Recension des écrits scientifiques sur la littératie familiale et communautaire, Université de Sherbrooke, 2011.

Texte de la vidéo

L’école, par l’entremise de ses enseignants et leurs pratiques pédagogiques, par ses différents services d’aide, ainsi que par les activités qu’elle met en place à l’intention des élèves, constitue un soutien fondamental dans le développement de la compétence à lire.

Mais il n’y a pas que l’école qui intervient dans le développement de cette compétence. La famille, par les différentes interactions entourant la lecture et l’écriture dans la vie quotidienne (que nous nommons littératie familiale), joue un rôle essentiel. Il est donc nécessaire de reconnaître la part de responsabilité qui revient à l’enfant, au parent et à l’école dans l’apprentissage de la lecture.

Une recension des pratiques et des interventions en littératie familiale auprès d’élèves du primaire et du secondaire a été réalisée. Les recherches recensées montrent qu’un programme efficace peut avoir des effets positifs sur le développement du langage et de la lecture chez l’élève, tout comme sur le développement de compétences parentales à l’égard de la lecture. Par contre, il est important de préciser que ces programmes n’ont pas été conçus pour rejoindre les parents qui, généralement, ne participent pas aux activités proposées par l’école.

Selon les chercheuses qui ont mené l’étude, deux types de facteurs doivent être considérés afin d’assurer le succès de tout programme de littératie familiale : ce sont les facteurs environnementaux et les facteurs individuels.

Les facteurs environnementaux concernent, entre autres :

  • la formation des enseignants,
  • la disponibilité des parents,
  • et le choix du matériel à utiliser.

Parmi les facteurs individuels, nous retrouvons :

Le capital culturel des familles

En effet, il est essentiel de connaître et de respecter l’identité culturelle des familles, car elles peuvent percevoir différemment un même texte. Par ailleurs, il faut savoir que les pratiques de littératie diffèrent selon la culture ou le statut socioéconomique des familles.

Il importe également d’élargir la représentation que nous nous faisons de la famille, car d’autres personnes que les père et mère peuvent s’avérer des figures significatives. Ainsi, l’implication des frères, des tantes, des grands-parents comme mentor auprès de l’enfant constitue un levier puissant de motivation à la lecture.

Un autre facteur à considérer concerne les perceptions des enfants, des parents et des enseignants à l’égard de la lecture       

Les perceptions des enfants à propos de la lecture semblent liées aux buts de cette activité ainsi qu’aux propres perceptions de leurs parents.

En effet, les parents entretiennent différentes perceptions et croyances à l’égard de la lecture. Certains la voient comme un phénomène lié aux activités scolaires et ne se sentent pas interpellés par un projet de littératie familiale. Pour leur part, les enseignants ne devraient pas présumer que les parents partagent la même conception qu’eux. De plus, la compréhension des enseignants de l’interaction oral-lecture-écriture est importante.

Le rôle de chacun dans un programme de littératie familiale

Il apparaît important de sensibiliser adéquatement les parents ou le « mentor » par rapport au rôle qu’ils doivent jouer. Dans le cas contraire, ils risquent de se sentir incompétents et de se désengager du projet. Il faut donc mettre en valeur leur sentiment de compétence ainsi que tenir compte des pratiques familiales quotidiennes déjà en place avant d’en proposer de nouvelles.

Pour ce qui est de la motivation à lire, il a été démontré que les parents qui y prennent eux-mêmes du plaisir augmentent chez leurs enfants la motivation à faire des efforts dans l’apprentissage de la lecture malgré les difficultés rencontrées.

Et le dernier facteur : la relation parent-enfant autour du livre

Les programmes de littératie familiale sont une occasion de resserrer le lien affectif entre le parent et son enfant. Il a été démontré que les parents qui ont participé à un tel programme se sentent plus compétents pour soutenir leur enfant en lecture. De plus, en le voyant motivé par une activité de lecture, ils deviennent eux-mêmes motivés et enclins à valoriser cette pratique.

Il importe également d’intégrer les pères dans les programmes de littératie familiale, car ils y apportent leur propre couleur, différente de celle des mères.

Par ailleurs, la peur du jugement des autres peut expliquer que certaines familles soient réticentes à admettre que la littératie représente pour eux un défi à surmonter. Des familles immigrantes peuvent aussi vivre de telles appréhensions.

Voici donc quelques pistes d’action proposées par les chercheuses pour mettre en place des programmes efficaces de littératie familiale.

  • Le choix d’un programme est important. Il doit être clair, structuré et accompagné d’un manuel d’instruction.
  • Il doit s’adapter aux besoins particuliers de différentes clientèles dans des milieux variés.
  • Il doit impliquer les parents dès sa création et la participation doit être volontaire, sans obligation ni pour eux ni pour les enfants.
  • La fréquence des activités doit être assez soutenue sans être trop intensive (une fois par semaine ou aux deux semaines).

En terminant, si nous souhaitons rejoindre les enfants dans un programme de littératie familiale, rappelons-nous que celui-ci devra d’abord être axé sur le plaisir de lire.

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Ce qu’il faut savoir comme parents à propos de la lecture

Les raisons pour lesquelles les parents lisent et leurs perceptions envers la lecture semblent influencer celles de leurs enfants. Cette capsule présente de quelle façon l’influence des parents s’exerce sur les élèves.

Durée : 4 min. 41 sec.

Cette capsule a été réalisée à partir de la recherche suivante : BEAUREGARD, France et Isabelle CARIGNAN, Recension des écrits scientifiques sur la littératie familiale et communautaire, Université de Sherbrooke, 2011.

Texte de la vidéo

Les parents occupent une place privilégiée dans le développement de leur enfant. Ceux qui reconnaissent ce fait savent à quel point ils peuvent servir de modèle pour leur enfant, et ce, surtout en bas âge.

Ce n’est pas différent pour ce qui est d’apprendre à lire. Les raisons pour lesquelles les parents lisent et leurs perceptions envers la lecture semblent influencer celles de leurs enfants.

En effet, plusieurs enfants ne comprennent pas que l’écrit peut avoir des fonctions ou des buts divers : par exemple, un livre raconte une histoire, un menu permet de choisir son repas et un journal nous informe sur ce qui se passe dans le monde. On observe que les enfants qui n’y voient qu’un but scolaire ont des attitudes négatives envers la lecture. Or, les bons lecteurs éprouvent généralement du plaisir à lire. Certains auteurs disent même que, pour motiver les enfants, il est essentiel d’accorder de l’importance au plaisir de lire.

Il arrive de voir des enfants lire leurs livres avec la famille et pour la famille. La famille, par les différentes interactions entourant la lecture et l’écriture dans la vie quotidienne (que nous nommons littératie familiale), joue donc un rôle essentiel. On sait que les parents qui prennent plaisir à lire motivent leur enfant à faire des efforts dans l’apprentissage de la lecture même s’il y rencontre des difficultés.

Plusieurs programmes de littératie familiale existent, en collaboration avec l’école, afin de soutenir les parents qui souhaitent tout simplement encourager leur enfant à réussir en lecture.

Par ailleurs, les parents qui ont participé à un programme de littératie familiale se sentent la plupart du temps plus confiants dans leur rôle de premier éducateur et plus compétents pour soutenir par la suite leur enfant. De plus, en le voyant motivé par une activité de lecture, ils sont eux-mêmes motivés, rassurés et enclins à valoriser cette activité.

Selon certains auteurs, c’est aussi pour les parents l’occasion de resserrer le lien affectif avec leur enfant. En transmettant leur plaisir de lire à leur enfant, ils partagent avec lui des activités auxquelles ils n’auraient pas pensé en d’autres circonstances. Certains prennent aussi conscience qu’une activité de littératie ne se pratique pas nécessairement avec un livre de littérature jeunesse, mais aussi au moyen de différents médias, entre autres les albums, les livres avec CD-ROM, les bandes dessinées, les sites Internet. Vivre une activité de littératie permet, en outre, de découvrir les goûts, la créativité et les connaissances de son enfant.

Enfin, des recherches ont montré que la participation des pères à un programme de littératie familiale a un impact sur leurs pratiques parentales et resserre les liens avec leur enfant. Il est important d’intégrer les pères dans les programmes de littératie familiale, car ils y apportent leur propre couleur, différente de celle des mères.

Il est important de rappeler que certains parents immigrants peuvent avoir des difficultés à soutenir leur enfant en lecture, non pas parce qu’ils ont de la difficulté à lire, mais parce qu’ils ne sont pas assez familiers avec la langue de la société d’accueil. Cela ne les empêche pas pour autant de s’intéresser aux apprentissages de leur enfant.

Par ailleurs, il importe aussi d’élargir la représentation habituelle de la famille dont les rôles parentaux sont assumés par un père et une mère, car d’autres personnes peuvent incarner des figures significatives. Ainsi, l’implication des frères, tantes, grands-parents qui peuvent être des mentors pour l’enfant constitue un levier puissant de motivation.

Il faut donc se rappeler que les activités rattachées à la lecture favorisent la relation avec l’enfant et que les parents qui ont du plaisir à lire vont lui transmettre ce plaisir.

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Une recension de programmes de littératie familiale pour le préscolaire, le primaire et le secondaire

Cette capsule, qui présente une recension des pratiques en littératie familiale, a permis de mettre en évidence plus d’une douzaine de programmes qui semblent les mieux fondés, d’un point de vue scientifique, pour favoriser la réussite des élèves en lecture.

Durée : 6 min. 15 sec.

Cette capsule a été réalisée à partir de la recherche suivante : BEAUREGARD, France et Isabelle CARIGNAN, Recension des écrits scientifiques sur la littératie familiale et communautaire, Université de Sherbrooke, 2011.

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Une recension des pratiques en littératie familiale a permis de mettre en évidence plus d’une douzaine de programmes qui semblent les mieux fondés, d’un point de vue scientifique, pour favoriser la réussite des élèves en lecture.

Nous vous partagerons donc plus en détail l’information sur quatre de ces programmes de littératie familiale qui se sont avérés efficaces (p.16) pour le préscolaire, le primaire et le secondaire.

Le but du programme américain Family Literacy Bags, ou « Sac d’histoires », consiste à encourager la lecture de livres à la maison.

Au début de l’année, le parent participe à une réunion de préparation qui l’aide à définir son engagement et le rôle qu’il doit jouer à l’intérieur du programme. Par la suite, toutes les trois semaines, l’enfant rapporte un sac de l’école. Ce sac contient au moins trois ouvrages de qualité, de genres littéraires différents et de niveaux de difficulté divers. Le programme propose également des activités de prolongement et un guide pour le parent afin qu’il puisse soutenir son enfant dans sa pratique de la lecture.

Les résultats montrent que les familles qui  ont utilisé les sacs de livres et en ont apprécié l’expérience. Certains parents ont aussi apprécié que le guide leur suggère des pistes d’activités et des questions à poser pour alimenter la discussion avec leur enfant à propos de ses lectures. Comme on le voit, ce programme encourage la lecture à la maison et a contribué ainsi à ce qu’elle devienne une habitude familiale.

Développé aux États-Unis, le programme TV Tune Out Tuesday, ou « Mardi sans télé », a comme objectif de faire prendre conscience aux enfants du temps passé devant la télévision et d’encourager des pratiques de lecture à la maison. Des activités sont prévues en clase et à la maison. Ce programme a été évalué auprès d’enfants du préscolaire et de la 6e année du primaire.

Chaque mardi, pendant 14 semaines, un bulletin est adressé aux parents pour les soutenir dans les stratégies d’interaction avec leur enfant en lecture et dans des activités à vivre avec lui en ayant le livre comme centre d’intérêt. Les parents répondent ensuite à un sondage permettant de mesurer le temps que les membres de la famille consacrent à chacune des deux activités, soit regarder la télévision ou lire.

Les résultats de ce projet montrent que le bulletin hebdomadaire aux parents a permis d’encourager la lecture à la maison.

Par ailleurs, les activités menées en classe semblent avoir influencé favorablement l’opinion des élèves à l’égard de la lecture et leur avoir donné plus de confiance dans leurs habiletés à lire.

Enfin, à la suite du programme, on constate que le temps passé à regarder la télévision a diminué, particulièrement chez les enfants du préscolaire.

Le projet pilote Lire avec fiston a été mis sur pied au Québec afin de créer un lien entre la lecture et la famille dans un milieu non scolaire, pour des garçons en difficulté de lecture inclus dans des classes ordinaires du 2e cycle du primaire.

Ce projet prévoit la formation de trios masculins, composés de l’élève, du père (ou d’une figure masculine importante pour l’élève) et d’un étudiant en enseignement. Le trio se réunit de six à neuf fois pendant quatre mois.

Chaque membre du groupe a un rôle bien déterminé. L’élève participe au projet, l’étudiant propose différents livres et en fait la lecture en compagnie du garçon et de son parent, et celui-ci participe à la lecture et guide l’étudiant pour qu’il comprenne mieux les intérêts de l’enfant.

Les résultats de l’évaluation de ce programme montrent que les garçons ont adopté des attitudes plus positives et développé un plus grand sentiment de compétence à l’égard de la lecture.

Les enseignants ont remarqué des améliorations sur le plan comportemental ainsi que sur le plan scolaire. La relation famille-école semble également s’être améliorée, selon la direction de l’école.

Conçu pour des élèves du secondaire dans une école publique de la Caroline-du-Nord, le Programme de poésie a pour but d’offrir aux familles une variété de pratiques pour qu’elles s’impliquent davantage auprès de leur adolescent ou leur adolescente dans leur vécu en classe. Les élèves sont encouragés à inviter leur famille à vivre des soirées de poésie et à constituer un recueil à la fin de l’année scolaire.

Les résultats de cette expérience auprès d’une classe de 2e secondaire montrent que les élèves jouent un rôle très important dans la façon dont les parents vont s’investir dans les activités proposées. Dans la classe, 12 des 21 élèves ont participé avec leur famille aux soirées de poésie.

Ainsi, des élèves restreignent la participation de leurs parents en raison du caractère intime de l’exercice, certains allant même jusqu’à les empêcher de participer.

Pour d’autres, écrire des poèmes a permis d’exprimer, à l’intention de leur famille, des sentiments qu’ils n’osaient pas formuler oralement.

Finalement, on constate que la famille est un milieu riche de possibilités pour le développement de la littératie. Il ne faut pas oublier de la solliciter afin que tous contribuent à la réussite des jeunes en lecture.

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