Facteurs de réussite par cible

Analyse des facteurs

L’analyse des facteurs de réussite scolaire au primaire dans la littérature des six ou sept dernières années est présentée par cible. Le commentaire inclut une comparaison entre les études québécoises et canadiennes et les études internationales, critère selon lequel sont classées les références bibliographiques correspondant à chaque cible.

Présentation des facteurs de réussite par cibles
CibleFacteur
Cible 1 : L'enfant-élève
  • Facteur 1 : Perception de sa propre compétence
  • Facteur 2 : Relations avec les pairs
  • Facteur 3 : Compétences en lecture et écriture
Cible 2 : La famille
  • Facteur 4 : Revenu et scolarité
  • Facteur 5 : Implication des parents dans l'école
  • Facteur 6 : Place de la scolarisation en famille
Cible 3 : La classe
  • Facteur 7 : Perceptions et attitudes des enseignants et enseignantes
  • Facteur 8 : Choix pédagogique (pédagogie de la coopération)
  • Facteur 9 : Qualité de l'enseignement
Cible 4 : L'école
  • Facteur 10 : Direction et leadership
  • Facteur 11 : Services intrascolaires
  • Facteur 12 : Développement professionnel
Cible 5 : La communauté
  • Facteur 13 : Quartier de résidence, voisinage
  • Facteur 14 : Mobilisation pour la scolarisation
  • Facteur 15 : Services extrascolaires

Commentaires

Que retenir de cette recension? En résumé, que dit-elle? Qu'apporte-t-elle de nouveau sur les facteurs qui influencent la réussite scolaire au primaire? Quelle tendance vient-elle confirmer? Peut-être que les résultats de ce travail bibliographique posent plus de questions qu'ils n'en solutionnent, la principale étant sans doute : jusqu'à quel point peut-on s'appuyer sur cette revue de la littérature pour guider notre action?

Dans un premier exercice, lors de la réunion d'étape, le professeur Terrisse avait déposé un tableau qui présentait, dans l'ordre et dans le désordre, des dizaines de facteurs déjà identifiés au cours de l'histoire de la recherche d'une plus grande égalité des chances de réussite scolaire et de devenir social pour tous. Or, malgré cela, nous en avons encore trouvé de nouveaux ou, à tout le moins, nous avons lu des travaux qui raffinaient ou examinaient, d’un angle original, des facteurs déjà connus (ex. : les études sur la biparentalité selon sa forme). Est-ce à dire que nous n'avons fait que rendre plus complexes une identification et une compréhension déjà fort difficiles des variables de la réussite scolaire? En espérant que non, et pour permettre de faire de l’ordre dans cette pléthore de facteurs, pour les résumer et pour pouvoir éventuellement conclure le présent travail, nous avons inscrit, dans un tableau (Tableau 2), les facteurs de réussite scolaire au primaire identifiés dans le document de travail du projet (Cahier d'application 2002-2003, p. 13-16). Nous avons ensuite rédigé, sous la même forme, un second tableau (Tableau 3) qui présente les principaux facteurs identifiés dans la recherche des six ou sept dernières années pour chacune des cibles. Les facteurs traités dans plus de dix références sont composés en caractère gras, ceux qui ont été mentionnés entre quatre et neuf fois, en caractère normal tout comme tous les autres facteurs, qu'ils soient originaux ou pas, n'apparaissant pas dans cette synthèse. La comparaison des deux tableaux permet de constater que la littérature récente diffère significativement de ce qui est présenté dans le deuxième tableau de l'annexe, surtout en ce qui concerne la cible elle-même et, donc, les facteurs qui définissent la nécessité d'une mobilisation de chaque cible liée à la réussite scolaire au primaire. Des facteurs ont conservé la même importance que dans une littérature plus ancienne (ex. : les services parascolaires dans la cible 5) ou, au contraire, ont pris une plus grande importance (ex. : les conditions économiques et la scolarité, cible 2) ou alors demeurent dans les études même s'ils n'apparaissent pas comme facteur majeur (ex. : la motivation). Est-ce à dire que les facteurs ont changé? Que le sentiment d'appartenance à l'école, qui n'apparaît que dans une ou deux études sur les centaines de la recension (cible 1), n'influe plus sur la réussite scolaire au primaire et que l'on devrait donc abandonner toute intervention qui met ce facteur au centre du changement? La réponse se trouve dans la forme même du présent exercice.

Le facteur du sentiment d'appartenance à l'école n'a effectivement aucune importance dans la littérature des six ou sept dernières années, mais dans la littérature seulement, sur papier, dans des articles et rapports. La recherche est produite par des chercheurs, des décideurs, des intervenants, qui, tous, s'inscrivent dans un contexte et fonctionnent dans une structure de production, d'intérêts, de valeurs, d'objectifs et d'attentes qui sont les leurs mais aussi ceux de gouvernants qui doivent gérer des situations, d'agences subventionnaires qui orientent les choix de sujets, d'attentes des médias qui lancent une mode, etc. Cependant, même s’il est vrai qu’aucun écrit n'est neutre, le premier facteur qui explique la différence entre notre recension et ce qui existait avant, c’est son ancrage dans la réalité de la recherche conduite dans tel milieu scolaire, à tel moment, avec tels enfants, familles et groupes communautaires. Tous les travaux de la présente recension découlent de terrains d'expérimentation, d'observation et de questionnements qui sont nécessairement ceux de la réalité des écoles et des groupes où ont été identifiés des facteurs qui existent concrètement. En résumé, ou plus clairement, la recension présentée ne prétend pas répondre à la question : « quels sont, dans les cinq cibles, les facteurs liés à la réussite scolaire au primaire? », mais plutôt expliquer, démontrer et dire, par une revue de la littérature récente obéissant à des critères stricts de sélection des documents écrits, de méthode d'appropriation de leur contenu et d'analyse pour l'interprétation de leur discours, expliquer donc que l'on trouve dans cette littérature des facteurs classés selon cinq cibles pour expliquer la réussite scolaire au primaire. C'est tout. Mais c'est beaucoup.

La recension, par le nombre des documents réunis, démontre un intérêt certain pour le thème de la réussite scolaire. Cet intérêt est surtout axé non pas sur l'école, mais peut-être plus sur la classe et, en fait, avec une « cible » principale : l'enseignante ou l'enseignant. La recherche québécoise peut sembler peut-être plus conservatrice dans le choix des facteurs sur lesquels portent ses travaux mais, en fait, c'est qu'elle est plus timide dans le développement d’angles originaux sous lesquels observer ou analyser ces facteurs et en donner de nouvelles interprétations. Enfin, si l'on peut prendre une position très personnelle, on dira qu’en même temps que l'on se réjouit de voir le retour d'une approche plus sociale et économique, qui se perçoit dans l'examen des conditions de vie (réseaux de pairs, revenu et scolarité des parents, stratégies d'acteurs, structure de la famille, etc.), et aussi dans le fait que les facteurs socioaffectifs et psychologiques sont souvent mis en relation et interprétés en tenant compte d'un modèle plus écosystémique dans la cible 1 (enfant-élève) et la cible 2 (famille), on ne peut que déplorer la presque totale absence d'une réflexion ou d'une théorisation sur tous les facteurs relevant de la cible 5 (communauté).

Vers le haut