Méthodologie

Les prévisions de l'effectif au préscolaire, au primaire et au secondaire se composent de différents produits. Les prévisions de l'effectif des commissions scolaires constituent le fer de lance de tout le système. En sommant les prévisions par commission scolaire, on obtient les prévisions régionales ou provinciales. Des prévisions du réseau privé sont établies en fonction du territoire des commissions scolaires. Et les prévisions par CS servent d'assise aux prévisions par secteur qui sont si fréquemment utilisées pour la planification.

La commission scolaire des Monts-et-Marées (711) servira d'exemple. Toutes les données pertinentes se retrouvent à la fin du présent document.

Population couverte

On parle ici de l'effectif de la commission scolaire, donc du réseau public – à l'exclusion du réseau privé et des écoles gouvernementales.

Sont exclus des prévisions les élèves

  • inscrits en maternelle 4 ans au programme "Animation Passe-Partout"
  • à temps partiel (ils ne sont pas convertis en "ETP", ils sont exclus)
  • du secteur des adultes
  • en formation professionnelle.

Les prévisions concernent donc les élèves du secteur des jeunes, en formation générale, à temps plein. Elles incluent les élèves

  • EHDAA
  • en francisation
  • en classe d'accueil
  • "décrocheurs" à temps plein.

Les prévisions couvrent cinq années d'observations et quinze années de projection.

Sources

Les prévisions s'appuient sur trois sources principales de données :

  • les fichiers administratifs du Ministère (DCS, EDM, Charlemagne) pour ce qui est de l'effectif observé dans les commissions scolaires
  • le fichier d'inscription des bénéficiaires (FIB) de la Régie d'assurance-maladie du Québec (RAMQ) pour la population 0-4 ans
  • les prévisions de la population par âge faites par l'Institut de la statistique du Québec (ISQ) pour chacun des territoires de CLSC de la province.

Pour chaque commission scolaire, il existe un certain nombre de territoires de CLSC dont le regroupement correspond plus ou moins au territoire de la CS. Les prévisions à long terme faites par l'ISQ pour les CLSC permettent donc d'avoir une idée du nombre d'enfants qui entreront en maternelle. Mais pour le court et moyen terme (5 ans et moins), ce sont les données de la RAMQ qui sont utilisées. Une base de données sur les codes postaux permet de lier le lieu de résidence de l'enfant au territoire d'une commission scolaire.

Les données de la RAMQ ont l'avantage d'être récentes et précises. Par exemple, en décembre 2008, la DSID a reçu les données sur les enfants selon leur âge et leur code postal de résidence au 30 septembre 2008. La qualité des données de la RAMQ permet de bien tenir compte des mouvements de population sur le territoire d'une CS : migrations régionales, émigration, immigration, etc. Ce sont des données particulièrement fiables mais qu'on ne peut pas projeter au-delà de cinq ans.

Les données de l'ISQ couvrent une plus longue période de temps et sont indispensables pour étendre les prévisions sur un horizon de quinze ans. Cependant, elles sont parfois anciennes. Au moment d'écrire ces lignes, les prévisions de l'ISQ par territoire de CLSC sont encore basées sur le recensement de 2001. Ainsi, elles ne prennent pas très bien en compte les mouvements migratoires nouveaux ni même la remontée du nombre de naissance à laquelle on assiste depuis plusieurs années. De nouvelles prévisions par CLSC seront disponibles à la fin de l'année 2009.

L'effectif observé par commission scolaire apparaît dans la première partie du tableau 1 (voir la dernière page). L'effectif est réparti par ordre et degré; quelques sommations pratiques apparaissent aussi. Au 30 septembre 2008, on comptait 4 779 élèves à la CS des Monts-et-Marées; en baisse continue depuis cinq ans.

Méthode

Pour l'essentiel, la méthode s'appuie sur deux principes:

  • le taux de passage (voir le tableau 3) détermine la proportion, par rapport à 100 élèves du degré n en l'année t, d'élèves qui seront au degré n+1 en l'année t+1
  • les entrées en maternelle 5 ans sont essentiellement déterminées par le nombre d'enfants âgés de 4 ans l'année précédente.

D'un certain point de vue, il s'agit en fait d'un même et unique principe: pour savoir combien il y aura d'élèves en secondaire 4 l'an prochain, rien de plus pratique que de savoir le nombre d'élèves en secondaire 3 cette année. Pour savoir combien d'enfants entreront en septembre prochain à la maternelle, rien de plus pratique que de connaître le nombre d'enfants en âge d'entrer à la maternelle.

Il ne s'agit pas d'une identité arithmétique (exemple: si la CS a 538 élèves en secondaire 3 en 2008, ça ne veut pas dire qu'elle en aura 538 en secondaire 4 en 2009). Bien au contraire, le taux de passage est déterminé par une foule de phénomènes:

  • mortalité (c'est toutefois marginal pour les enfants d'âge scolaire)
  • migrations intra-régionales, interrégionales, interprovinciales ou internationales; tant les entrées que les sorties (le taux de passage aura tendance à dépasser les 100 % dans une commission scolaire où les gens viennent s'établir en grand nombre; au contraire, le taux sera particulièrement bas si les gens quittent le territoire de la commission scolaire)
  • redoublement scolaire (ce phénomène a tendance à faire monter les taux de passage)
  • abandon scolaire (ce phénomène, très visible à la fin du secondaire, fait baisser les taux de passage)
  • échanges avec le secteur privé (si plusieurs élèves du réseau public au primaire passent au secondaire privé, par exemple, le taux de passage de la fin du primaire au début du secondaire public peut être très bas)
  • départs vers la formation professionnelle, les adultes ou le temps partiel.

Ces divers phénomènes ne sont pas analysés séparément pour chaque degré de chaque commission scolaire. L'analyse se fait plus globalement au niveau du seul taux de passage. La raison en est essentiellement pratique: on a beau savoir, par exemple, que les migrations sont importantes dans certaines régions, il n'existe pas nécessairement de données claires, fiables et récentes à propos de ce qui se passe sur le territoire d'une commission scolaire donnée, pour un groupe d'âge donné, au cours d'une certaine année... Ainsi, plutôt que de théoriser sur des phénomènes dont les variations régionales peuvent être impossibles à quantifier, on assoit les prévisions sur des données solides: le nombre réel d'élèves recensés dans la commission scolaire.

Exemple de calcul du taux de passage

Pour suivre une génération, il faut lire le tableau 1 en diagonale. Par exemple, en septembre 2004, il y avait 329 élèves en maternelle 5 ans à la CS des Monts-et-Marées :

  • en septembre 2005, la plupart de ces élèves sont au début du primaire (première année du premier cycle); on en compte 337 et le tableau 3 nous montre que le taux de passage de maternelle 5 vers le primaire (M5-P1.1) entre 2004 et 2005 est de 102 % (soit 337 / 329)
  • en septembre 2006, la plupart de ces mêmes élèves sont en seconde année du premier cycle du primaire; on en compte 393 et le tableau 3 nous montre que le taux de passage de (P1.1-P1.2) entre 2005 et 2006 est de 117 % (soit 393 / 337)
  • en septembre 2007, la plupart de ces mêmes élèves sont en première année du second cycle du primaire; on en compte 357 et le tableau 3 nous montre que le taux de passage de (P1.2-P2.1) entre 2006 et 2007 est de 91 % (soit 357 / 393)
  • en septembre 2008, la plupart de ces mêmes élèves sont en seconde année du second cycle du primaire; on en compte 363 et le tableau 3 nous montre que le taux de passage de (P2.1-P2.2) entre 2007 et 2008 est de 102 % (soit 363 / 357).

La question est maintenant de savoir combien de ces élèves comptera-t-on en septembre 2009. En d'autres termes, si on observe 363 élèves en seconde année du second cycle (septembre 2008), combien y en aura-t-il en première année du troisième cycle en septembre 2009? Le tableau 3 nous montre que le taux de passage (P2.2- P3.1) a oscillé entre 89 % et 92 % au cours des dernières années d'observation. Le taux retenu, pour toute la période de prévision, est de 90 % (par défaut, il s'agit d'une moyenne pondérée, en ce se sens que le plus récent des taux observés pèse plus lourd dans le calcul de la moyenne que les taux plus anciens). Donc, si on a 363 élèves en 2008, on en aura environ 327 en 2009 (363 x 90 %) en première année du troisième cycle.

Le tableau 3 sert donc à calculer les taux de passage qui seront appliqués aux différents ordres et degrés tout au long de la période de projection (15 ans).

Exemple de calcul des entrées à la maternelle

La technique du taux de passage est également appliquée à la population de 0-4 ans fournie par la RAMQ (les calculs ne sont pas indiqués dans les tableaux de la dernière page). En résumé, l'histoire des cinq dernières années nous permet, à partir du nombre d'enfants de 0 an recensés au 30 septembre 2008 (327 pour la CS Monts-et-Marées, voir le tableau 2), d'estimer qu'il y aura environ 331 enfants de 1 an au 30 septembre 2009... puis 330 enfants de 2 ans en 2010, 335 enfants de 3 ans en 2011, 335 enfants de 4 ans en 2012.

Dès que le nombre d'enfants de 4 ans est obtenu pour une année donnée, on peut déduire quel sera le nombre d'enfants à entrer en maternelle 5 ans l'année suivante. Par exemple, le tableau 2 (troisième section) montre que le taux de passage retenu aux fins de prévision est d'environ 99 % (de la population de 4 ans à la maternelle de 5 ans). Ainsi, s'il existe 315 enfants de 4 ans au 30 septembre 2008, il devrait y avoir environ 312 enfants en maternelle 5 ans en septembre 2009. Ou, pour reprendre l'exemple du paragraphe précédent, les 335 enfants de 4 ans en 2012 deviendront 332 élèves de maternelle en 2013.

Pour résumer : les prévisions par commission scolaire se font essentiellement en deux grandes étapes, dès lors qu'on a en main toutes les données d'observation:

  • la population âgée de 4 ans une année donnée permet de déterminer les entrées à la maternelle 5 ans l'année suivante
  • le nombre d'élèves en maternelle 5 ans permet de prévoir l'effectif au début du primaire l'année suivante; de manière plus générale, l'effectif (de tous les ordres ou degrés) d'une année donnée permet de prévoir l'effectif l'année suivante pour l'ordre/degré supérieur.

Il y a une cohérence conceptuelle dans la méthodologie des prévisions par commission scolaire. C'est un système basé sur la réalité vécue par les commissions scolaires et non pas sur de vagues pressentiments de ce que l'avenir pourrait nous réserver. C'est un système souple qui permet de tenir compte de la réalité de chaque commissions scolaire (décrochage scolaire, présence du réseau privé, etc.).

Graphique

Un petit graphique accompagne le tableau des prévisions. Il retrace l'évolution passée et future de l'effectif de la commission scolaire, en regard de la situation au 30 septembre 2008.

Dans le cas de la CS des Monts-et-Marées, on voit du premier coup d'oeil que l'effectif au secondaire sera en forte baisse au cours des prochaines années. Par contre, le primaire se stabilise après des années de baisse continue. La maternelle est légèrement en hausse au cours des prochaines années.

Quelques suppléments d'information

Ce que font les prévisions par commission scolaire :

  • les prévisions tiennent compte des migrations (les entrées comme les sorties du territoire des commissions scolaires)
  • les prévisions tiennent compte des variations dans les nombres de naissances (il est vrai que les prévisions faites en janvier 2008 se sont trop alignées – pour le long terme – sur le scénario officiel de l'ISQ, lequel se révèle trop avare; les actuelles prévisions devraient mieux suivre la tendance indiquée par la remontée du nombre de naissances au Québec au cours des dernières années).

Ce que ne font pas les prévisions :

  • elles ne réagissent pas aux mouvements subits et inattendus : par exemple, si les mouvements migratoires d'une région du Québec changeaient brusquement du tout au tout, on ne peut pas s'attendre à ce que les dernières prévisions disponibles aient prévu l'événement.

C'est pourquoi les prévisions sont reprises chaque année: pour tenir compte des informations les plus récentes disponibles. Autre exemple : si le nombre de naissances au Québec augmentait subitement de façon très notable, le modèle de prévision est capable de s'ajuster. En effet, une naissance ne constitue pas une entrée immédiate dans le système d'éducation. Donc, même en cas de changement rapide, le modèle saura distribuer les nouveaux nés à travers le territoire québécois et suivre leur évolution sur quelques années avant qu'ils parviennent au monde scolaire.

Les prévisions par secteur de commission scolaire (un secteur étant une subdivision du territoire conçue pour et par les commissions scolaire) s'appuient sur les prévisions par CS dont il est discuté dans le présent document. Les prévisions par secteur se basent elles aussi sur les effectifs observés et sur la population 0-4 ans par secteur. Il n'y a pas de prévision des 0-4 ans à long terme pour ces petits territoires; en conséquence, les prévisions par secteur s'étalent sur 5 ans au présecondaire et sur 10 ans au secondaire.

Au niveau du territoire de la commission scolaire, la DSID produit également des prévisions pour le réseau privé : il s'agit du nombre d'enfants résidant sur le territoire d'une CS mais fréquentant n'importe quelle école privée du Québec. Si l'enfant fréquente une école privée francophone, il est associé à la CS francophone de son lieu de résidence. Si l'enfant fréquente une école privée anglophone, il est associé à une CS anglophone.

Au niveau provincial, il existe des prévisions pour les écoles gouvernementales dans leur ensemble. Ces prévisions sont plus ou moins fiables parce que les données d'observation sont incohérentes et peu fiables.

Des regroupements des prévisions par commission scolaire sont possibles :

  • au niveau des régions administratives, on peut cumuler les CS francophones qui les composent (les CS anglophones ne peuvent pas être aisément associées à une région administrative)
  • au niveau provincial, on peut cumuler l'ensemble des CS francophones, anglophones ou à statut particulier.

Les prévisions par commission scolaire produites en février 2009 (ainsi que les totalisations provinciales ou régionales) sont basées sur la lecture de Charlemagne du 30 janvier 2009 (2e bilan pour l'effectif au 30 septembre 2008).

Pour la saison 2010, les prévisions s'appuieront sur une mise à jour des prévisions de l'ISQ par CLSC (disponible à la fin de 2009). L'impact pourrait être important, surtout à très long terme.

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