Classification

La classification Dewey

Partir à l’aventure dans un pays inconnu, sans guide ni boussole, peut susciter des expériences exaltantes… ou tout à fait décevantes.

Ainsi, dans une bibliothèque, on peut feuilleter un magazine de mode, survoler la quatrième de couverture d’un roman policier ou lire quelques pages d’un ouvrage documentaire sur les rites funéraires de l’Égypte ancienne. Mais si vous cherchez le dernier roman d’un auteur en particulier, une recette de biscuits, des conseils pour dresser votre hamster ou encore, le nom du plus grand explorateur de la Chine médiévale, irez-vous au hasard des tablettes?

Comment allez-vous vous y prendre? Belle situation problème… jusqu’au moment où vous apprenez que les livres de la bibliothèque sont rangés selon un système de classification uniforme, en usage partout dans le monde. Il s’agit de vous familiariser avec ce système, et les portes des bibliothèques scolaires et des bibliothèques municipales vous seront ouvertes!

C’est en 1873 qu’un bibliothécaire américain, du nom de Melvil Dewey, a conçu ce système de classification qui lui permettait de retrouver immédiatement, dans une bibliothèque, tout document dont il avait besoin. Melvil Dewey a donc créé un système de classification composé de 10 grandes classes, divisées en 100 sous-classes et réparties en 1 000 sous-divisions. La classification Dewey n’est pas parfaite, mais un ensemble de bibliothécaires la met régulièrement à jour afin de l’adapter à l’évolution des connaissances. 

La 23e édition est présentement en usage dans les bibliothèques et centres de documentation.

Les avantages de la classification Dewey

À cause de sa notation numérique, la classification Dewey est universelle. En effet, s’il existe plusieurs alphabets, le système numérique arabe est en usage partout dans le monde.

Les documents sont classés par disciplines. Les amateurs ou les spécialistes d’un domaine précis peuvent donc retrouver tous les documents qui les intéressent sous la même cote.

Trois inconvénients (faciles à contourner…) de la classification Dewey

1. Le classement par disciplines, et non par sujets

Sur le sujet des arbres, par exemple, on trouve des livres en foresterie (cote 634.9), en écologie (cote 577.3) ou encore, en photographie (cote 779.34). Ces trois disciplines portent chacune un regard spécialisé sur le sujet des arbres. Les livres traitant des arbres peuvent donc avoir des cotes Dewey différentes.

Néanmoins, l’utilisation d’un catalogue alphabétique de sujets (accessible dans les bibliothèques informatisées ou non) permet de trouver tous ces livres.

Un lecteur désirant lire des documents sur les arbres (ou sur tout autre sujet) ira consulter le « catalogue matières » ou la rubrique « sujets » dans un logiciel de gestion documentaire. À ce moment, il obtiendra la liste de tous les livres dont le sujet est « arbres », peu importe l’aspect disciplinaire sous lequel il est traité.

2. Un même sujet peut être un objet d’étude dans 2 disciplines

Reprenons l’exemple des livres sur les arbres. Si un collectif d’auteurs publie un livre sur tous les aspects reliés aux arbres, ce livre ne pourra être classé à 3 endroits différents. À ce moment, le bibliothécaire qui attribue la cote déterminera dans quelle discipline le livre sera inscrit.

Néanmoins, encore une fois, si le lecteur consulte le « catalogue matières » ou la rubrique « sujets » dans un logiciel de gestion documentaire, il obtiendra la liste de tous les livres dont le sujet est « arbres », peu importe l’aspect disciplinaire sous lequel il est traité.

3. La longueur et la complexité des cotes rebutent certains usagers

Considérons la cote Dewey comme une adresse. Si je dois rencontrer monsieur X et que je sais qu’il habite au 641, rue Sainte-Laure, l’adresse m’indique où me rendre; il en est de même avec la cote Dewey. Je n’ai pas besoin de savoir si monsieur X habite seul, s’il a des enfants, un chat, un chien. De même, nul besoin de comprendre toutes les subtilités intellectuelles employées par les bibliothécaires pour découvrir si un livre est classifié sous telle ou telle cote.

Quant à la longueur des cotes, précisons que, dans les bibliothèques scolaires du primaire et même du secondaire, on utilise la classification Dewey abrégée (pas plus de 3 chiffres après la décimale) afin de ne pas alourdir le classement.

La difficulté réside plus souvent dans le rangement des livres par des personnes qui ne maîtrisent pas l’ordre décimal. Pour les élèves, la difficulté s’amenuise, puisque le Programme de formation de l’école québécoise prescrit l’ordre décimal comme un savoir essentiel de mathématique au 2e cycle du primaire.

Enfin, pour faciliter encore plus l’accessibilité aux livres, la majorité des bibliothèques scolaires ont décidé de ne pas employer la classe 800 (littérature), qui catégorise les œuvres par genres, époques et pays. Les œuvres littéraires (romans, albums, etc.) sont donc simplement rangées sous la lettre F (pour fiction) et ensuite, sous-classées par ordre alphabétique d’auteurs.

Plus besoin alors de se casser la tête pour savoir si le livre de tel ou tel auteur est rangé à partir d’une collection ou d’une maison d’édition! Pas besoin non plus d’une multitude de codes de couleur pour repérer un auteur-vedette!

Exemple concret

Si vous cherchez une recette de biscuits, vous pouvez toujours consulter tante Pierrette, mais si vous voulez la trouver à la bibliothèque (la recette, pas tante Pierrette…), voici comment faire :

  • Vous tapez le mot biscuits dans l’index « sujets » du logiciel de gestion documentaire. (Si la bibliothèque n’est pas informatisée, consultez le « catalogue-matières ».)
  • À l’écran, si la bibliothèque possède des documents sur ce sujet, vous verrez s’afficher une liste de titres.
  • Vous remarquerez qu’au coin inférieur gauche de la notice (la fiche), il y a la cote Dewey : 641.865 4.
  • Maintenant, vous vous dirigez dans la section des 600 (après la classe 500 et avant la classe 700). Vous repérez la cote 641 et ensuite, après le point, vous y allez chiffre par chiffre, jusqu’à 641.865 4.
  • Vous avez réussi à repérer l’adresse de votre livre de recettes et maintenant, il ne vous reste qu’à en consulter l’index ou la table des matières.
  • Le livre vous garantit l’information. À vous maintenant de l’exploiter judicieusement… ou « gastronomiquement »!

Appreciation Form

Appreciation Form
Comment avez-vous trouvé ce contenu?
Avez-vous rencontré un problème au cours de votre navigation? Faites-nous part de vos observations et aidez-nous à améliorer notre site. Évitez d’entrer des renseignements personnels dans ce champ.