Un fléau acclamé

Charles-Philippe Héroux
Séminaire des Pères Maristes 

Chers lecteurs, 

Depuis très longtemps, l’homme est connu comme étant en quête incessante de gloire et de succès. Pour répondre à ce besoin, les dirigeants de plusieurs nations organisent chaque année des événements sportifs toujours plus grandioses que les précédents. Après plusieurs centaines de ces rassemblements, il est temps, en tant que société, de nous poser la question suivante : les grands événements sportifs contribuent-ils à améliorer le monde dans lequel nous vivons? Selon moi, ces grands rassemblements ne sont que nuisances pour notre société, autant sur le plan socioéconomique que sur le plan environnemental. 

Tout d’abord, je pense que les événements n’apportent que du mal du point de vue socio-économique. En effet, nous avons pu constater au cours des dernières années, les coûts plus qu’exagérés pour accueillir athlètes et visiteurs en un seul lieu, pour ensuite les voir compétitionner dans leur discipline respective. Sur le plan économique, nous avons pu voir les différents pays exploser leur budget initial, afin de se mettre en valeur devant le reste du monde. Aux Jeux olympiquesnote de bas de page [1] de Sotchi, par exemple, les coûts pour accueillir les jeux avaient à la base été évalués à 14 milliards d’euros, pour finir avec un grand total de 37 milliards d’euros. Cette dépense plus qu’extravagante démontre qu’il est tout simplement impossible de prévoir les coûts reliés à l’organisation de ces événements. Le fait est que les événements sportifs sont bien plus que de simples compétitions. Ce sont en fait des façons pour les pays hôtes de faire leur promotion et de faire, en quelque sorte, de la publicité. Je m’explique. Les dirigeants de pays savent que des millions de personnes regardent les compétitions à la télévision. C’est donc le moment idéal pour se faire remarquer. L’exemple le plus frappant est au Brésil, en 2014, lors de la Coupe du monde de la FIFA. Les dirigeants ont investi plusieurs milliards de dollars afin de construire des stades, alors que la population brésilienne, elle, crevait de faim dans les rues. Les dirigeants voulaient que le monde cesse de voir le Brésil comme un pays en développement; ils ont donc mis le paquet. Résultat? La partie de la population insatisfaite des dirigeants se chiffrait en 2014 à 72 %note de bas de page [2], et le pays est très endetté. Mon point est qu’il est impossible de prévoir les retombées économiques et sociales des événements sportifs, et que rien de tout cela ne contribue à améliorer notre monde de quelque façon que ce soit. 

Ensuite, les événements sportifs sont un vrai fléau pour notre environnement. Notre génération est énormément influencée par la nature, puisqu’on n’entend parler que de ça. Combien de fois nos professeurs nous ont-ils dit que nous allions subir les contrecoups des erreurs passées, qu’en 2050 il n’y aurait plus d’eau potable et presque plus de nourriture, etc.? Nous comprenons tous que notre planète est précieuse et qu’il faut la respecter, mais nous ne faisons rien. Au cours de mes recherches, j’ai compris qu’une des causes majeures de la pollution était les événements sportifs. Pendant le Tour de France, 12 millions de spectateurs assistent à l’épreuve pendant trois semaines, générant plus de 12 000 tonnes de déchetsnote de bas de page [3]. Après le Marathon de Paris, c’est plus de 450 000 bouteilles de plastique qu’il faut ramassernote de bas de page [4]. Est-ce vraiment ce que nous voulons? Les rassemblements sportifs créent beaucoup trop de mal : hausse du trafic, donc plus de gaz carbonique dans l’air, surconsommation incontrôlable, et j’en passe. On nous promet du développement durable, mais c’est impossible. Comme l’ont expliqué les spécialistes des zones protégées de Greenpeacenote de bas de page [5], l’équilibre naturel ne peut être plus chamboulé que quand il accueille autant de gens en un seul endroit. Honnêtement, comment une telle pollution pourrait-elle contribuer à améliorer notre monde? 

En conclusion, je pense que les événements sportifs ne sont rien de moins qu’un fléau pour notre monde et que rien de tout ce qu’ils impliquent ne vaut la peine que les peuples se divisent, s’endettent horriblement et détruisent l’environnement. Nous n’avons plus qu’à espérer que le monde entier ouvrira un jour les yeux sur les maintes complications liées à ces rassemblements. Comme le dit le proverbe : mieux vaut tard que jamais.


1. « Jeux olympiques d’hiver 2014 », Wikipédia, wikipedia.org, [En ligne], consulté le 3 mai 2016..Fin de la note (Retour au texte)

2. « La Coupe de la honte », Agnès Gruda, lapresse.ca, 12 juin 2014, [En ligne] (consulté le 3 mai 2016)..Fin de la note (Retour au texte)

3. « Gros pollueurs : les grands événements sportifs tentent de se mettre au vert », Jean-Damian Lesay, rfi.fr, 4 janvier 2013, [En ligne] (Consulté le 4 mai 2016).Fin de la note (Retour au texte)

4. Ibidem.Fin de la note (Retour au texte)

5. « Jeux olympiques de Sotchi : une horreur écologique? », Consoglobe, consoglobe.com, [En ligne]. (Consulté le 3 mai 2016)..Fin de la note (Retour au texte)