Gagner pour perdre?

Anton Volniansky
École Saint-Luc
Commission scolaire de Montréal

Chers lecteurs,

Êtes-vous de ceux qui attendent avec impatience les Jeux olympiques qui auront lieu cette année à Rio de Janeiro? Si c’est le cas, vous n’êtes pas les seuls : les grands événements sportifs sont très appréciés par la plupart d’entre nous et le rassemblement de tous ces athlètes venus des quatre coins du monde pour battre des records sera sûrement un moment historique dont tous se souviendront. Cependant, ces manifestations sportives qui sont souvent synonymes de fêtes comportent en réalité de nombreux inconvénients de taille et c’est la raison pour laquelle certains citoyens se demandent si elles contribuent à améliorer le monde dans lequel nous vivons. En ce qui me concerne, malgré le fait que j’ai grandi avec un ballon de soccer entre les pieds, j’affirme que non.

Tout d’abord, d’un point de vue économique, ces grands festivals du sport rapportent peu et les sommes astronomiques qui sont investies dans leur préparation peuvent être utilisées d’une manière beaucoup plus adéquate. Savez-vous que le gouvernement brésilien a dépensé quelque 12 milliards de dollars pour la Coupe du monde de 2014? Quand j’ai lu cette information dans l’article « La Coupe de la honte » écrit par Agnès Gruda, j’ai failli tomber de ma chaise. Vous rendez-vous compte que cet argent aurait pu servir pour nourrir des enfants affamés, pour sauver des vies ou encore pour offrir une éducation gratuite à des étudiants qui débordent de talent? Nous ne sommes pas des enfants gâtés, nous devons comprendre qu’il existe des priorités qui viennent avant le plaisir. Dans de telles circonstances, il me semble clair comme de l’eau de roche que les pays qui se chargent de l’organisation de ces événements sont perdants et que certains citoyens qui se serrent déjà la ceinture en payent le prix fort. Rendez-vous à l’évidence : les Jeux olympiques et autres Coupes du monde ne contribuent pas à améliorer notre monde. Le jeu n’en vaut pas la chandelle. Il faut avoir un cœur de pierre pour penser le contraire et pour être si indifférent à l’égard de son prochain.

Ensuite, en plus de jeter de l’argent par la fenêtre, nous détruisons notre belle planète bleue. Vous le savez aussi bien que moi : le réchauffement climatique ainsi que les catastrophes naturelles qui font des ravages un peu partout dans le monde ne sont pas le fruit de la colère des dieux. Et quant aux grands événements sportifs, ils sont loin d’être « verts ». D’après Andrea Collins, une chercheuse qui s’intéresse à l’empreinte écologique laissée par les grands rassemblements sportifs, le Grand Départ du Tour de France de 2007 avait une empreinte écologique de 57 990 hectares globaux. Sachant qu’un hectare a à peu près la même superficie qu’un terrain de football, essayez de visualiser l’ampleur alarmante que prend la situation. La terre est en train de se métamorphoser en un tas d’ordures puantes et nous creusons notre propre tombe. De plus, contrairement à une croyance populaire, les manifestations sportives ne font pas nécessairement la promotion des saines habitudes de vie. Avez-vous déjà vu un spectateur manger de la salade lors d’un match de hockey? Je vous ferais noter que nombreux sont ceux qui se nourrissent de pizza en savourant leur boisson gazeuse. C’est d’ailleurs la fabrication de ces produits (et le déplacement des spectateurs) qui contribue à la destruction de notre planète.

Pour conclure, ça ne prend pas la tête à Papineau pour comprendre que les grands événements sportifs n’améliorent pas le monde dans lequel nous vivons. Le gaspillage du matériel ainsi que la mauvaise gestion de l’argent me le font croire dur comme fer. Gandhi, le célèbre guide spirituel indien, a dit un jour des paroles d’une grande sagesse : « Vivre simplement pour que d’autres puissent simplement vivrenote de bas de page [1]. » Nous devrions suivre son exemple. 


1. http://evene.lefigaro.fr/citations/gandhi?page=7.Fin de la note (Retour au texte)