Plan d’eau gelé = danger

À part les endroits spécialement aménagés pour la pratique des activités d’hiver, il est déconseillé de s’aventurer sur un plan d’eau gelé sans connaître la résistance de la glace. Quelques rares patinoires sont munies d’une signalisation qu’il faut rigoureusement respecter. Ainsi, s’il existe un système de drapeaux, le vert indique que l’accès est permis au public, le jaune signifie que la glace est raboteuse et invite à la prudence, tandis que le rouge désigne une interdiction d’aller sur la glace.

Si aucune signalisation n’est présente, certaines caractéristiques du plan d’eau, du climat et de l’environnement peuvent nous renseigner sur la résistance de la glace.

Il existe des méthodes permettant de calculer la résistance de la glace, mais elles impliquent des techniques très élaborées que les sportifs et sportives peuvent difficilement appliquer : prélèvement d’échantillons de glace, calcul de l’épaisseur, etc. Les responsables de l’aménagement des surfaces gelées peuvent s’informer de ces techniques auprès du Bureau de normalisation du Québec. Quant aux adeptes des sports d’hiver, ils doivent utiliser leur sens de l’observation et éviter particulièrement les endroits suivants :

  • la sortie des émissaires amenant les eaux pluviales à la rivière;
  • les côtés extérieurs des grandes courbes d’une rivière;
  • les affluents ou les effluents;
  • là où se trouve un obstacle : un rocher, un tronc d’arbre, etc.;
  • là où la vitesse de l’eau est variable;
  • là où le couvert de glace est discontinu;
  • là où l’eau est réchauffée;
  • près d’une chute ou d’une installation hydraulique;
  • près d’un pont, d’un quai, d’une jetée ou d’autres obstacles imposants.

De plus, la présence de fissures dans la glace, surtout lorsqu’elles sont mouillées et parallèles à la rive, révèle une rupture complète du couvert de glace, donc un danger évident.

Par ailleurs, certains facteurs météorologiques influencent la résistance de la glace et devraient inciter les sportifs et sportives à ne pas s’y aventurer. Parmi ces facteurs, mentionnons les chutes de température de plus de 10 °C entre les températures diurnes moyennes de deux jours consécutifs, les hausses de température au-delà de -4 °C qui se maintiennent plus d’une journée et les fortes précipitations de neige qui surchargent la surface glacée.

Si vous connaissez l’épaisseur de la glace, il est utile de savoir que, lorsqu’elle est inférieure à 15 cm, on ne devrait pas y circuler avec un véhicule motorisé, y compris une motoneige. Lorsque l’épaisseur ne dépasse pas 10 cm, la circulation, même à pied, est déconseillée.

Finalement, la meilleure façon d’éviter une catastrophe est de résister à la tentation de se promener sur un plan d’eau gelé. Cependant, si la traversée s’avère obligatoire, soyez attentif aux signes énumérés ci-dessus, ne vous aventurez pas seul sur la glace, tenez-vous à au moins 15 m de vos compagnons et munissez-vous chacun d’une corde.

Sans expliquer en détail les techniques de sauvetage particulières des diverses circonstances, que vous soyez en motoneige, en skis, en patins, en raquettes ou à pied, ces précautions élémentaires vous donnent au moins la possibilité de vous tirer d’affaire.

Source : Sylvie Turner, Service de la normalisation. Tiré de Le Sécuritaire, bulletin d’information de la Régie de la sécurité dans les sports du Québec, volume 10, numéro 1, avril-mai 1991.