Axe 3 : Recherche et documentation

La violence n’est pas un phénomène nouveau, bien qu’elle soit encore incomprise à bien des égards. Des chercheurs et des intervenants du Québec et d’ailleurs travaillent depuis plusieurs années à clarifier la problématique et à élaborer des stratégies prometteuses. L’axe 3 du plan d’action comprend deux objectifs et plusieurs mesures pour rendre disponibles les connaissances actuelles en vue de soutenir le réseau scolaire dans la compréhension du phénomène et dans les actions qu’il choisira de mettre en place. Il cherche aussi à cerner le profil de la situation au regard de la violence dans les écoles québécoises.

Objectif 3.1 : S’assurer que le milieu scolaire et le Ministère possèdent une meilleure connaissance du phénomène de la violence dans les écoles québécoises

La nécessité de comprendre les facteurs qui font que les jeunes risquent d’être les victimes ou les auteurs de violence devient primordiale dans l’élaboration d’une démarche d’intervention pour prévenir et traiter la violence à l’école. Pour trouver des réponses au problème, il est essentiel de réunir des données scientifiques, tant qualitatives que quantitatives, et de transmettre aux professionnels et aux décideurs les connaissances sur le sujet.

Cet objectif comporte trois mesures qui aideront à cette compréhension.

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Mesure 3.1.1 : Documenter le phénomène de la violence au regard des causes et des facteurs déterminants

Sous forme d’une recension des écrits, cette mesure cherche à informer les acteurs de la communauté scolaire quant à l’état des connaissances théoriques et pratiques actuelles sur le phénomène de la violence. Le relevé de littérature peut notamment fournir une définition de la violence validée auprès d’experts permettant de distinguer la violence, l’agressivité, l’incivilité, l’indiscipline et la colère et de documenter le phénomène de la violence au regard des causes et des facteurs associés.

Cette documentation étant offerte lors des sessions de formation, les différents acteurs du milieu scolaire deviennent ainsi mieux informés et développent une compréhension accrue et commune du phénomène. Le relevé de littérature aide par conséquent à déterminer les actions requises pour prévenir la violence à l’école et la traiter.

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Mesure 3.1.2 : Établir un portrait de la violence perçue et subie dans les écoles québécoises à partir de données existantes

À la demande du ministère de l’Éducation, du Loisir et du Sport, maintenant le ministère de l'Éducation et de l'Enseignement supérieur, le Groupe de recherche sur les environnements scolaires (GRES) a produit, en 2008, des rapports sur la violence perçue et subie dans les écoles primaires et secondaires publiques. La recherche a été réalisée à partir de données existantes, collectées entre 1999 et 2005 auprès de plusieurs échantillons d’écoles du Québec.

Ce portrait permet de décrire les grandes tendances de l’ampleur du phénomène de la violence dans les écoles primaires et secondaires et d’examiner les liens entre ces violences et d’autres composantes de l’environnement socioéducatif, notamment le climat scolaire et certaines pratiques éducatives et organisationnelles. Le Questionnaire sur l’environnement socioéducatif (QES) a été utilisé pour la collecte de données. Le portrait national constitue la deuxième mesure de l’axe Recherche et documentation prévu au Plan d’action pour prévenir et traiter la violence à l’école.

Rapports déposés par le Groupe de recherche sur les environnements scolaires de l’Université de Montréal :

Les principales conclusions des rapports de recherche sont les suivantes :

  • L’ampleur de la violence dans les écoles du Québec varie selon la nature perçue ou subie des conduites examinées, selon l’identité du répondant et selon le degré de gravité des actes commis. Voici quelques exemples des résultats présentés dans ces rapports sur l’ampleur du phénomène :
  • Les élèves et les membres du personnel sont beaucoup plus nombreux à être témoins de violence à l’école qu’à en être victimes.
  • Les élèves sont généralement plus nombreux que les membres du personnel à être témoins ou victimes de violence. Cependant, tous s’entendent sur l’ordre d’importance (fréquence) des différentes inconduites à l’école.
  • Les insultes, les menaces et les batailles entre élèves sont les violences auxquelles les individus sont le plus exposés dans les écoles (comme témoins ou victimes). Les cas d’extorsion, d’agression armée ou d’agression physique de membres du personnel par des élèves sont beaucoup moins fréquents.
  • Plus l’environnement socioéducatif est perçu positivement, moins les répondants perçoivent de la violence à l’école ou en sont victimes

Le Plan d’action pour prévenir et traiter la violence à l’école prévoit qu’un monitorage du phénomène de la violence sera effectué. Sa mise en œuvre est prévue pour 2012.

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Mesure 3.1.3 : Se donner un portrait continu de l’état de situation des manifestations de la violence dans le réseau scolaire québécois

Au Québec, l’inexistence d’une base de données longitudinale portant sur un échantillon représentatif des écoles québécoises ne permet pas de documenter, avec la validité souhaitable, l’ampleur de la violence dans les écoles ni d’en connaître l’évolution temporelle. À cet effet, un système de monitorage doit être mis en place pour dresser un portrait continu de la violence dans les écoles en ce qui a trait à ses manifestations, leur nombre et leur nature, aux victimes, aux témoins, aux agresseurs, au sexe, à l’âge, etc. ainsi qu’en ce qui concerne les lieux de son expression.

Par ailleurs, ce système de monitorage sera utile non seulement pour guider l’adoption de politiques efficaces en matière de prévention de la violence, mais aussi pour en évaluer les incidences avec un minimum de rigueur.

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Objectif 3.2 : S’assurer que le milieu scolaire connaisse des programmes et des activités de prévention et de traitement de la violence à l’école

Plusieurs recherches, programmes et outils de grande qualité sont élaborés au Québec ou ailleurs sans être connus par les personnes qui ont la responsabilité d’intervenir en prévention et en traitement de la violence en milieu scolaire. Rendre accessible cette expertise permettrait à la fois de soutenir et d’enrichir les moyens mis en place dans le réseau.

Les quatre mesures suivantes présentent les différents moyens offerts aux intervenants et aux partenaires du plan d’action pour répondre à cet objectif.

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Mesure 3.2.1 : Établir un mécanisme de diffusion d’information sur le phénomène de la violence à l’école

Il est prévu qu’un bulletin semestriel soit disponible sur le site Internet du Ministère.  Ce bulletin contiendra de l’information pertinente et des connaissances actuelles relatives à la prévention et au traitement de la violence à l’école pouvant permettre d’enrichir les compétences des intervenants. Il doit favoriser le développement d’une culture au regard de la prévention et du traitement de la violence à l’école tout en alimentant la démarche réflexive de soutien et d’accompagnement proposée au milieu scolaire.

De plus, il doit assurer un transfert de connaissances entre le milieu de la recherche et la pratique dans les écoles, par la diffusion des découvertes, des projets novateurs ou des pratiques exemplaires des intervenants et des chercheurs en provenance du Québec ou d’ailleurs.

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Mesure 3.2.2 : Créer, sur le site Internet du Ministère, une section sur la violence à l’école

Une autre mesure pour soutenir le réseau est la mise en ligne, sur le site Internet du Ministère, d’une section spécifique de la prévention et du traitement de la violence.

Les acteurs scolaires, les parents et les partenaires du réseau pourront y trouver de l’information à jour sur la question de la violence à l’école et auront accès à différents outils pour les soutenir dans leurs interventions. Ce site Internet mettra en évidence, entre autres, des pratiques efficaces et des programmes reconnus tant par les spécialistes des réseaux de la santé que par ceux de l’éducation ainsi que des initiatives des autres ministères et organismes concernés par la violence chez les jeunes. Il fera aussi connaître des documents et des initiatives existantes.

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Mesure 3.2.3 : Faciliter le rayonnement et la diffusion des expériences des milieux et des recherches en matière de violence à l’école auprès des divers intervenants du réseau scolaire et des partenaires

Un forum national doit également être organisé après une année de mise en œuvre du plan d’action pour partager notamment les expériences et l’expertise des groupes-relais et des différents intervenants dans le domaine.

Cet événement doit offrir aux agents de soutien régionaux, aux groupes-relais et aux spécialistes l’occasion de se connaître et d’assurer une mise à jour des travaux sur le plan local et régional. Il doit permettre également au réseau scolaire d’être au fait des connaissances actuelles quant au phénomène de la violence, à ses diverses manifestations et aux pistes d’intervention reconnues et efficaces.

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Mesure 3.2.4 : Concevoir un répertoire de démarches et de programmes élaborés au Québec ou ailleurs pour prévenir et traiter la violence à l’école

Plusieurs recherches, programmes et outils de grande qualité sont élaborés par divers organismes, commissions scolaires ou autres ministères concernés par la violence chez les jeunes sans être nécessairement connus par les personnes qui ont la responsabilité d’intervenir en prévention et en traitement de la violence en milieu scolaire. Qu’il s’agisse d’initiatives québécoises, canadiennes ou internationales, de nombreuses ressources existent et sauraient à la fois soutenir et enrichir les moyens mis en place dans les écoles. La mesure 3.2.4 vise à offrir au réseau scolaire un répertoire de programmes et de démarches rigoureuses en matière de prévention et de traitement de la violence à l’école.

Rendre accessible cette expertise permettrait à la fois de soutenir et d’enrichir les moyens mis en place. Ce répertoire pourrait également être alimenté et transmis lors des échanges des participants aux sessions de formation.

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